NEIGE ET MONTAGNE

Publié le par Boutrolle

Les sports d'hiver

La neige, c'est merveilleux!

 

A regarder tomber sur le paysage, silencieusement, feutrée, observée de sa fenêtre, bien au chaud tandis qu'un beau feu crépite derrière soi et qu'on va retourner à une douce activité hivernale : lecture, musique, écriture...

Sur les cartes postales : scintillements de la montagne sous le soleil, village enfoui sous un manteau moelleux, clair ruisseau sous le regard bienveillant d'un sapin emmitouflé de blanc, visions immaculées, cristallines, images d'une nature vierge et infinie...

Sur les dépliants des offices de tourisme des stations de sports d'hiver : athlètes souriants et bronzés descendant sans effort des pentes vertigineuses dans une auréole blanche; beautés sculpturales allongées sur des transats, en petite tenue et sur fond de chalet d'altitude ; petit lutin joufflu souriant en faisant un joli chasse neige sous l'oeuil bienveillant d'une monitrice aux allures de top model.

 

 A mes yeux, la majeure partie des humains, une fois qu'elle a enfilé la quantité de vêtements nécessaire à son confort, plus une combinaison de ski, un bonnet, des lunettes, des gants et pour couronner le tout les chaussures de ski (ou d'après ski), ressemble et se meut avec la grâce d'Amstrong effectuant ses premier pas sur la lune (avec raison : l'environnement n'y est pas moins hostile). On est loin de la nymphe sur son transat ! d'ailleurs on ne m'enlèvera pas de l'idée que ladite nymphe a été prise en photo sur une plage des Seychelles et soigneusement découpée pour remplacer le cocotier par un sapin ! (ou la grande bleue par le Grand Bornand comme sur cette photo)

Pour ce qui est du merveilleux surfeur intrépide, je ne l'ai jamais vu à moins qu'on ait exagérément incliné la photo car j'ai souvent pris un nuage de neige dans la figure, alors que je m'essayais sur une simple piste verte. En revanche chaque année je frémis de plus en plus entourée de toutes part de « sportifs » qui se croient tous sur le point d'être pris en photo pour le nouveau dépliant de la station.

                                                                              

Quant au charmant bambin, on croise plus souvent de pauvres marmots reniflants et épuisés, dont le bonnet tombe sur les yeux et qu'un moniteur (ou un papa) excédé essaie de traîner tandis que ses petits skis se croisent inexorablement.

 

 « Tu exagères ! tu fais du mauvais esprit ! lève un peu le nez ! regarde comme la nature est grandiose, tu peux te défouler dans de grands espaces, c'est fort, la montagne ! »

 

 

 

Oui, c'est vrai c'est fort, ça m'impressionne même beaucoup de me sentir dominée par d'aussi grandes masses froides, coupantes, pleines de menaces, d'avalanches, des crevasses d'histoires abominables (je crois que je dois une bonne partie de mes sentiments à l'égard de la montagne à la lecture du grand Frison-Roche).

Alors je lève le nez un peu moins haut et tombe sur les élégants pylônes gris, le pied emmailloté dans un gros matelas fluo, avec tout en haut des roulettes qui font un infini cling cling (il faut avouer que c'est pratique pour se repérer en plein brouillard ! car on skie dans toutes les conditions quand on a payé son forfait, sont matériel, son assurance, sa location!)

A la même hauteur... de nez, mais plus bas, dans la station on peut admirer des immeubles plus ou moins néo-savoyards aux doux noms de « l'étoiles des neiges », « les marmottes », ou « le dahu ». Des restaurants où, sous prétexte d'altitude, on vous sert « le plat du skieur » : roboratif repas digne de la cantine du collège de la vallée pour le prix d'un menu gastronomique.

Et toute cette neige salée, piétinée, souillée, dans laquelle on patauge allègrement... elle était si belle !

Et marcher (courir parfois même) avec des chaussures de ski aux pieds, et des skis sur l'épaule (qui vous rentrent dans la chair quand ils ne vous dégoulinent pas dans le cou !) et les bâtons dans la main qui reste, attention ne pas glisser ! ne pas éborgner le monsieur de derrière en se retournant ! ne pas se faire défigurer par celui de devant !

Et le froid !

Mais arrivé au bas des pistes ou au haut du télécabine, jeter ses planches d'un air crâne, les chausser en deux « clac » rajuster ses lunettes (type miroir qui reflète le paysage) et dévaler en une godille serpentine sous l'oeuil admiratif de ceux qui attendent le petit, celui qui a fait tomber son bâton, celui qui cherche en vain un mouchoir... enfin tous les bienheureux de la montagne !

Et le froid !

Ah ! l'heureux moment où on rejoint le groupe en bas d'une fameuse noire pleine de bosses (il paraît que c'est mieux quand il y en a !) qu'on a descendue tant bien que mal, sans grâce et (ou parce-que) en serrant les fesses (en plus moi, je maugrée entre les dents contre ce jeu stupide!).

- « Alors, ma grande, tu vois, tu l'as faite, l'important c'est de prendre son temps! »

Et zou ! ils repartent à toute vitesse juste au moment où on aurait bien respiré un peu tout en profitant du paysage (vous voyez, ça m'arrive de lever les yeux !).

Et le froid !

 

 Manquent au tableau mais si je le fais on dira que j'exagère! :

-          le chapitre sur le branle-bas du départ pour les cours du matin (la crème sur les nez qui font la grimace, le gant perdu, les chaussettes mouillées...)

-         Le chapitre sur les diverses queues (sur la route, pour les forfaits, l?école de ski, la location du matériel et en bas de chaque remontée).

-         le doux chapitre sur le retour au chalet : ôter ses chaussures, se réchauffer, goûter de bons moments entre amis ou en famille, enfin la détente.

-         Le chapitre sur ceux qui racontent leurs exploits.

-         Le chapitre de celui qui vous fait la morale « pour une fois que tu as l'occasion de faire du sport » suivi d'une réflexion sur « je suis en vacances pour mon plaisir, mon repos? »

Bon, vous l'aurez compris, les sports d'hiver, c'est pas ma tasse de thé mais je me rends compte qu'autour de moi de plus en plus de gens refusent de participer à cette harnaque collective et snow-binarde (ah je suis assez fière de ce mot là!).

En tout cas, je vous promets que si à la place, en plein hiver,on m'emmène aux Antilles, ou en Nouvelle Calédonie, je vous raconterai tout par le menu sans renacler!

Publié dans font.fouelo

Commenter cet article

Clochette 21/02/2007 13:03

Super recit et je suis heureuse de voir qu une fois de plus nos idées se rejoignent car pour moi sports d'hiver = galeressssssssss !!!
Bisous à toute la petite famille
 

Annie 20/02/2007 15:23

écoute, la machine me dit que Internet explorer ne peut pas afficher la page pour le commentaire, mais je veux bien faire un club ;-)
Voilà, Annie, c'est fait!

annika panika 20/02/2007 09:13

Pile poil comme toi. rien que de penser aux sacs à préparer j'en frémis. Une fois que je suis au pied des pistes ça va mieux mais l'organisation de ces vacances me pese. C'est terrible les problèmes que j'ai ? non? :)